Le gagnant etait...

1. Professionnels (2011)

Les architectes d'intérieur PROFESSIONNELS pouvaient s'inscrire dans cinq catégories: privé, commerce, public, scenographie et projet de meuble. La qualité des envois dans les différentes catégories était fort élevée.

Projet de meubles: TABLE TIGE - Julie Van Mulders

Une table dynamique offrant divers modules de rangement qui, en position ouverte, agrandissent la surface de travail.

Table Tige est une réinterprétation du bureau à tiroirs classiques. Alors que lorsqu'il est ouvert, le tiroir conventionnel ne fait souvent plus partie du meuble que superficiellement, dans cette solution, les modules de rangement sont placés au-dessus de la tablette. Deux des quatre modules sont coulissants. La table a été conçue de manière à ce que ces « tiroirs» puissent rester ouverts sans affecter visuellement l'ensemble. Une fois ouverts, les différents modules créent une surface de travail supplémentaire en même temps qu'un nouvel effet esthétique.

La subdivision centrale en bois placée sous la tablette tient compte de l'espace qu'il faut à chaque personne pour s'asseoir tout en optimisant la rigidité générale. Cette structure est liée au piètement, réalisé en chêne français. Un panneau multiplex plaqué chêne est utilisé comme support. L'ensemble est fixé au-dessus, y compris la superstructure composée de modules de rangements, laquée et pourvue de guides en bouleau.

Table Tige se veut une pièce de mobilier innovante pour la direction des grandes entreprises, mais elle peut aussi être utilisée comme table de réunion flexible par les petits indépendants. Les modules sont intégrés sans joints dans la totalité du meuble, tant en position fermée qu'en position ouverte.

Projet de meubles: UNE TOUTE PETITE CUISINE - Caroline Lateur

La mission consistait à rendre un petit appartement situé à la côte utilisable pour un occupant permanent, sa famille et ses nombreux hôtes. Elle s’est concrétisée par un meuble mural multifonctions qui transforme ce petit espace de vie en cuisine, bibliothèque, coin TV et bureau. Le plan de travail se termine en un couvercle de marbre blanc qui soustrait l’espace de travail au regard. La hotte joue également avec le regard au sens où le plafonnage a été moulé autour d’elle à la façon d’un manteau.

La structure du meuble est faite d’un canevas en aluminium suspendu au mur et équipé d’une tablette minérale. Trois panneaux coulissants hyper-tactiles y sont fixés et donnent accès à des espaces de rangement. De l’autre côté de la pièce, l’angle est occupé par une banquette de cuir. Celle-ci est également été voulue indépendante du sol de manière à ce que l’espace soit ressenti comme le plus vaste possible, sans obstacles superflus. La table aux formes organiques assortie à cette banquette peut facilement accueillir une dizaine de personnes sans pour autant paraître monumentale.

En coll. avec: Frederic Hooft, architecte d’intérieur

Meuble de cuisine : Lucas De Smedt
Pierre de taille: Van Den Weghe
Banquette: Van Daele

Photographie: Fien Muller
Livraison été 2009

Privé: Habitation avec jardin au littoral - Caroline Lateur

Données: un lieu à l’état de gros œuvre avec des espaces intérieurs sombres, flanqué d’un jardin de ville clos, bien orienté

Demande: aménagement d'un séjour de vacances de 16 personnes maximum, à usage propre et pour location

« Notre point de départ consistait à relier de toutes les façons possibles l'intérieur de la maison au jardin. Dans ce cadre, le principal défi était d’attribuer une fonction majeure à l'étroit passage qui relie les deux ailes parallèles et n'était à l'origine conçu que comme zone de circulation. La cuisine allongée et la table à manger participent à la logique formelle de cette zone, mais désormais, de grandes fenêtres coulissantes procurent une lumière abondante et créent un contact optimal avec le jardin intérieur. C'est d'ailleurs devenu l'endroit clé de l'appartement. Des matériaux comme le béton, le contre-plaqué, le polyester, la tôle ondulée et le Betonplex vert donnent à l'aménagement un aspect naturel, décontracté et agréable au toucher. Ici, pas de démonstration de design minimaliste, mais un style franc, abordable et accueillant, soutenu par des accents de couleur et une grande justesse.

Commerciale: SHOW-ROOM - Ann-Sophie Markey

Un grand magasin spécialisé en sanitaires et en chauffage nous a demandé de concevoir un show-room.
Le bâtiment était suffisamment haut pour y insérer une mezzanine. Nous avons débarrassé l’étage du volume qui contenait les bureaux afin de créer une place centrale ouverte destinée aux vendeurs. Ils y disposent d’une longue table de bois. La cloison cachant les bureaux a été revêtue d’une photo géante, qui accroît l’impression de cour intérieure.
Nous avons proposé de montrer les produits sanitaires d’une façon « différente ». Quatre tours ont été pourvues de hui salles de bains types. Du « basic » au « wellness ». Les couleurs des tours forment un fil conducteur le long de l’allée de déambulation.
Des baignoires ont été installées entre les tours. Les lavabos et les robinets sont exposés côte à côte sur un grand mur de « best of ». Les accessoires ont été montés sur une surface inclinée. En présentant les produits par série, nous avons tenté de faciliter le choix des clients.
À côté de l’entrée, une sorte de podium a été aménagé pour les dernières tendances. Le comptoir est jouxté d’un « shop in shop » où de petits accessoires sont exposés.

Prive: Chateau d'eau - Mauro Brigham

L’histoire
Ce château de 30 m de haut s’élève sur une parcelle de 20 m de long sur 16 m de large, au milieu d’un paysage plat typiquement belge. Il a été construit entre 1938 et 1941 par et pour la commune de Steenokkerzeel. Il a conservé sa fonction jusqu’au début des années 1990 et a servi de mirador aux nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le programme
Le programme inclut deux profils d’utilisateurs. L’utilisateur privé et principal est un jeune couple qui habite les lieux en permanence. Une ou deux fois par mois, ceux-ci sont loués à des cadres de sociétés qui cherchent un endroit pour organiser leurs séminaires ou à de grandes entreprises qui souhaitent recevoir leurs clients à proximité de l’aéroport. Le château d’eau est également équipé de la dernière technologie IT et d’un système domotique élaboré.

Architecture d’intérieur
Le maintien des éléments de béton existants, comme la conduite d’eau principale, les plafonds, les escaliers et le réservoir d’une contenance de 250 000 litres, était essentiel si l’on voulait préserver l’identité forte de la construction. Tous les éléments de béton apparents de l’intérieur ont été peints en gris foncé, le but étant de distinguer l’ancien et le nouveau.

Habiter en hauteur
Il y a peu de liens visuels entre les étages. Chaque espace est unique et remplit une fonction exclusive. Ce sont le choix d’une palette assez étroite de couleurs et de matériaux et l’emploi d’un langage formel dépouillé et cohérent qui ont permis d’en faire un ensemble.

Lumière
Un éclairage de type « muséal » a été utilisé pour mettre en valeur les détails d’architecture remarquables, comme les colonnes et les plafonds de cinq mètres de haut, les pièces circulaires et les coupoles. La plupart des éléments d’éclairage sont toutefois discrètement intégrés et ont pour unique but de créer une lumière de qualité à la fois dans les pièces privées et dans les salles destinées au public.

Eco Label: Immeuble de bureaux - Hugo Van Leuven

En collaboration avec Daidalos-Peutz (physique de la construction) et Pieter Vanrenterghem (chantier intérieur)

Des façades bien isolées, une gestion intelligente de la lumière du jour, une ventilation naturelle et un refroidissement nocturne créent un bâtiment à standard de confort élevé et à faible consommation d’énergie : valeur K de 30 et coefficient E de 67. L’exploitation intelligente de la lumière naturelle permet de travailler partout sans éclairage artificiel. L’espace extérieur constitue un prolongement du paysage proche.

De nouveaux fossés, qui font office de bassins tampons et/ou de bassins d’orage, séparent les différentes zones herbues. Les emplacements de parking destinés au personnel et au visiteur sont en partie plantés d’herbe et entourés de saules têtards.

Valcke a pu utiliser en primeur mondiale un tout nouveau type de ciment. Ce ciment sursulfaté de Holcim (nommé Cemroc) n’émet à la production que 80 kg de CO2 à la tonne, contre environ 1400 kg pour le ciment classique. En durcissant, il prend une apparence blanchâtre. Sa surface est également dotée d’une capacité autonettoyante supérieure.

2. Etudiants (2011)

Les ETUDIANTS ont été sélectionnés et proposés par les différents instituts d'architecture d'intérieur. Deux catégories avaient été prévues: projet de meubles et la conception d'un intérieur.

Projet de meubles: Dung2 - Rayah Wauters

L’histoire a démontré que les excréments pouvaient être utilisés comme matériaux de construction. Mais cet usage n’est pas encore entré dans notre civilisation moderne. L’an passé, j’ai montré avec Dung, un petit tabouret fait en bouse de vache, que ce matériau n’était pas réservé au secteur agricole. Lors de mon examen de Master, j’ai voulu développer l’idée de manière à ce qu’ici aussi, chez les sceptiques que nous sommes, on apprenne à apprécier la bouse de vache pour ses différentes qualités. Les sociétés traditionnelles, par exemple du Kenya ou de Tanzanie, constituent pour ce projet une véritable source d’inspiration. Elles traitent ce matériau de manière naturelle, ce qui a un impact positif sur son utilisation. Les habitations réalisées à la main à partir de « cow dung cakes », autrement dit en bouse de vache séchée, fleurissent dans le paysage. C’est ainsi qu’une tribu à première vue primitive fait un usage bien plus moderne et innovant de ce matériau. Ses membres ne disposent peut-être pas des connaissances que nous, occidentaux, détenons généralement, mais quand il s’agit d’écologie et d’emploi de matériaux économiques et locaux, nous pouvons encore beaucoup apprendre d’eux. Fort de cette connaissance, j’ai cherché un moyen de donner dans notre monde moderne une place digne à ce matériau sous-estimé. Je me suis très vite rendu compte que ce ne serait pas facile, car l’homme juge d’abord sur base de la vue, de l’odorat et du toucher. Il est un fait que si l’on part de ces trois critères sensoriels, la bouse non transformée ne risque pas de plaire. L’objectif principal de cette recherche a donc consisté dans la transformation de la matière première en matériau valable. À force d’expérimenter, j’ai pu déchiffrer cette matière et me faire une idée des différentes techniques de traitement. Ainsi, quand la bouse est trop humide, elle sèche mal, mais trop sèche, elle ne se lie pas bien lors du processus de transformation. Il est donc important de trouver le bon dosage pour obtenir un matériau stable. En ajoutant des liants comme la chaux et l’argile, on obtient quelque chose de plus solide et de plus dur. Un dernier élément important de l’expérimentation consistait à tester les pigments naturels, car il faut aussi pouvoir satisfaire à des critères esthétiques. En trouvant un équilibre entre ces différents composants, on obtient finalement un matériau naturel constitué à 85% de bouse de vache et dont l’apparence fait penser à une plaque de fibres polies. Malléable, rabotable et forable, écologique, inépuisable… il semble s’agir d’un matériau avec lequel nous pouvons construire quelque chose, au sens propre et au sens figuré.
La bouse de vache est par nature un produit résiduel biodégradable. En soi, elle ne peut donc pas nuire à la nature quand on la restitue à celle-ci. Les engrais naturels comme la bouse de vache fertilisent notre sol. Il peut donc y avoir création d’un cycle perpétuel selon lequel les objets fabriqués dans ce matériau retrouvent finalement leur place dans la nature. On le sait, les vaches produisent énormément de bouse. Combinée à de la paille, celle-ci est utilisée pour nourrir les terres agricoles et produire de la nouvelle herbe. Herbe qui aboutit finalement dans le quadruple estomac de la vache, à partir duquel elle se répand à nouveau sous forme d’engrais sur nos terres. Mon but dans ce projet consiste depuis le début à utiliser des matériaux qui nous sont offerts par la nature et à finalement les lui rendre, cela sans que l’intervention humaine n’ait un effet négatif sur elle. La question de savoir sous quelque forme ces matériaux seront rendus à la nature et à quelles fins on peut les utiliser ne peut être résolue comme ça, en quelques mots. Il incombe précisément aux artistes, aux designers et aux créateurs, aux architectes… qui veulent en faire usage, de tester les limites de ce matériau. Et qu’en est-il des déchets ? À cette question, nous pouvons en revanche répondre catégoriquement : il n’y en a pas. Car la bouse de vache est un bon engrais pour la nature. On peut par exemple construire avec ce matériau une installation provisoire que l’on « jettera » dans la nature après usage. Celle-ci y trouvera comme une seconde peau, elle la portera, l’absorbera, et finira par engendrer ce par quoi tout a commencé : de l’herbe fraîche et verte.

Interieur: SUR PLUS - Ann-Sophie Moyson








Eco Label: Ilse Leysen

Matériaux de construction vivants Matériaux écologiques

Propriétés
Le plancton n’émet de la lumière que lorsque c’est nécessaire, c’est-à-dire quand il entre en contact avec des éléments qui créent un mouvement dans l’eau, comme ce sera le cas lors de la venue des visiteurs. Les endroits où ce mouvement est créé vont alors s’éclairer.
Le plancton a également besoin de 12 heures de lumière et de 12 heures de nuit. Il n’émet que quand il sait qu’il fait sombre. Un rythme circadien, soit une alternance de lumière solaire et d’obscurité totale, lui est donc indispensable. L’environnement idéal de ces organismes est une eau stagnante avec de faibles apports en nutriments et en minéraux.
Pour toutes ces raisons, ces petites créatures luminescentes ont été installées dans la rotonde du bunker, où la lumière du soleil pénètre en abondance la journée. Cette plateforme en trois-quarts de cercle sera couverte de 10 cm d’eau. Le visiteur pourra patauger et entrer en interaction avec la surface lumineuse.
Les bactéries forment un deuxième élément lumineux vivant. Elles diffusent en permanence une lueur bleu vif et n’ont pas besoin de lumière naturelle. D’une durée de vie limitée, elles sont faciles à cultiver sur une épaisseur réduite de substrat. C’est pourquoi elles seront greffées sur des boîtes de Petri dans les anciennes cheminées de ventilation des pièces sombres, qui seront accessibles aux visiteurs. Là, les bactéries assureront un éclairage indirect.
Enfin, la dernière source de lumière du bunker sera constituée par des dizaines de méduses bioluminescentes. Comme celles-ci vivent habituellement en grands groupes, elles ont besoin d’un vaste aquarium d’eau douce et fraîche et d’une faible quantité de lumière solaire. Un aquarium de grande taille demande également des fondations importantes, un élément largement présent dans l’environnement du bunker. La galerie qui contourne la rotonde sera entièrement remplie de méduses transparentes. Il sera ainsi possible d’observer ces animaux par différentes ouvertures ou encore de les regarder par en haut. En installant ces dispositifs lumineux naturels dans le bunker, je tente de combiner l’inévitable futur du lieu, c’est-à-dire l’invasion totale par la nature, avec l’interaction fascinante du jour et de la nuit, de la lumière et de l’ombre.

Gagnants precedents

» gagnants 2011
» gagnants 2010
» gagnants 2009
» gagnants 2008

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